Le 31 janvier de chaque année, l’Eglise, et spécialement la Famille salésienne, célèbrent la fête de Saint Jean Bosco. Etant fils de Don Bosco, je suis heureux de témoigner de lui, dont l’influence s’étend aujourd’hui au monde entier. Je vous livre ici une réflexion sur le saint des jeunes pauvres et abandonnés. Il a vécu au cours du 19e siècle, ses pieds fermement sur terre. Il a su s’intégrer avec habileté et souplesse dans son temps qui était secoué par les soubresauts de la révolution industrielle avec toutes ses conséquences tant morales, spirituelles que physiques.


Ma réflexion ne concerne pas l’histoire ; ce qui capte mon attention, c’est sa personne, ce grand homme aux initiatives « téméraires » dans un siècle de tourbillonnements politiques et sociaux. Il est digne d’être acclamé. La preuve en est que, quelques temps seulement après sa mort il fut officiellement proclamé « saint ». C’était le 01 avril 1934, jour de la Résurrection du Seigneur, qui, d’ordinaire, ne connaît pas de canonisation.
Admirons-le maintenant. Don Bosco n’est pas un créateur ni un inventeur mais plutôt un fondateur, initiateur ou innovateur et, je dirais, un « parfaiteur » ; il découvre le besoin et cherche à le « perfectionner » avec l’aide du ciel.
L’illustration de ceci est sa rencontre avec un jeune rejeté, abandonné à lui-même ; ce « dasein » comme dirait le philosophe Martin Heidegger, ayant la « docibilité » d’être missionnaire auprès d’autres jeunes en situations similaires aux siennes : Barthélémy Garelli. Celui-ci, se reconnaissant « incapable » en tout, Don Bosco parvient à lui montrer qu’il est « capable » de quelque chose : « siffler » au moins, et de là, le jeune garçon apprend avec succès quelques notions de base de la vie spirituelle, voire de la vie tout court. Ainsi, il réussit à faire bénéficier d’autres (ses amis) des bienfaits reçus de Don Bosco.
Don Bosco est le fondateur de deux congrégations religieuses et de groupes laïcs : les Salésiens de Don Bosco (des prêtres et des Frères), les Filles de Marie Auxiliatrice (des Sœurs) ; l’Association de Marie Auxiliatrice et les Salésiens Coopérateurs (des laïcs). De tous ces groupes et congrégations, qu’il a appelés « Famille », il est évident qu’il n’y a rien de nouveau puisque même avant lui existaient bel et bien pas mal de congrégations religieuses, de groupes laïcs fondés par d’autres. C’est ainsi que Don Bosco part même de Constitutions et Règlements établis par d’autres. Il les combine en les confrontant, et puis élimine et retient certains éléments et ajoute ensuite sa saveur propre à lui pour en faire une famille harmonieuse. L’illustration pratique est la mise en place d’un oratoire comme élément essentiel et permanent dans toutes ses œuvres. Pourtant, l’oratoire remonte à St Philippe Neri qui a vécu bien longtemps avant lui.
En effet, avec Don Bosco, l’oratoire deviendra beaucoup plus significatif qu’avant : plus que n’être qu’un lieu où l’on prie (Philippe Neri), il est encore une maison qui accueille, une école qui prépare à la vie, une cour de récréation pour se rencontrer en amis et vivre dans la joie (Constitutions salésiennes, article 40). Cette définition classique restera l’héritage de tous ces fils partout dans le monde.
Don Bosco, grand innovateur et homme audacieux, parfait son action avec un élément propre à lui : le « système préventif ». Il veut que le jeune, chez les Salésiens, se sente entouré d’un amour paternel et fraternel en recevant tous les soins qu’un bon pasteur porte à ses brebis. Nommé « amorevolezza » dans la langue de Don Bosco, l’italien, cette notion demeure intraduisible dans d’autres langues, mais ne se traduit proprement que par les actes.
Puis-je suspendre ici ma réflexion, mais en souhaitant aux Salésiens, héritiers de Don Bosco, qu’ils sachent innover sans cesse leur apostolat d’accompagnement des jeunes vers Jésus. Qu’ils osent se confronter fidèlement aux défis de leur temps et lieu, pour qu’en s’inspirant des initiatives du Fondateur, ils puissent appréhender les besoins des jeunes d’aujourd’hui en vue de leur salut et pour la plus grande gloire de Dieu.
De même, que les jeunes puisent dans l’éducation reçue de leurs éducateurs, pour rendre leur vie toujours meilleure. Qu’ils fassent fructifier les cours accumulés sur les bancs de l’école tout en cultivant l’esprit de recherche personnelle et celui d’innovation dans le but de rendre la terre plus habitable, plus humaine pour tous et afin de vivre pour toujours, quand l’heure sera venue, avec Don Bosco, comme lui-même l’a dit : « Je vous attends tous au paradis »
Que la très Sainte Vierge Marie Auxiliatrice nous y aide.

Fratri Diomède NIJIMBERE, sdb, stagiaire à Gatenga

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